Salle polyvalente du Conseil des églises protestantes du Cameroun (CEPCA) le 23 Août 2025, l’air est chargé d’espoir, de conviction et de courage. Elles sont venues des dix régions du Cameroun pour un seul but : faire entendre leur voix, celle des femmes camerounaises, lors d’une méga conférence sans précédent, organisée par l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF)
Elles ne sont pas venues pour se plaindre. Elles sont venues pour proposer, pour construire, pour rappeler que le développement durable du Cameroun ne pourra se faire sans leur pleine participation. Agricultrices, enseignantes, mères, leaders communautaires, elles incarnent la diversité, la résilience et l’intelligence du pays. Ateliers, discours et panels ont animé la rencontre.
« Les problèmes de la femme de Bafia sont les mêmes auxquels fait face celle du Nord-Ouest ou du Sud. En tant que femmes, d’une seule et même voix, nous avons convenu d’agir ensemble pour lutter contre les fléaux qui minent nos communautés, à savoir les violences conjugales, ou encore les difficultés d’accès aux opportunités », lance Roseline, Activiste, membre de Stand Up for Cameroon.

Ce que veulent les femmes
Elles ont en effet parlé de paix, dans un pays encore marqué par des tensions et des conflits dans certaines régions. Elles ont parlé d’éducation, pour que chaque fille ait les mêmes chances que son frère. Elles ont parlé d’économie, plaidant pour un meilleur accès au crédit, à la formation, aux marchés. Elles ont parlé de santé, de justice, d’environnement, de gouvernance. A l’issue, une Déclaration qui porte le slogan « Le Cameroun que nous voulons, The Cameroon we want »
« Les femmes ont dit essentiellement qu’elles veulent un pouvoir politique qui respecte les droits humains et particulièrement les droits des femmes. Elles veulent un pouvoir politique qui met en place tous les systèmes qui vont éradiquer les violences faites aux femmes, elles veulent avoir accès de manière équitable à l’éducation politique, sociale, économique. Elles veulent avoir accès aux postes de décisions, elles veulent prendre les décisions qui impactent leurs vies », souligne Edith Kah Wallah, femme politique.
Une dynamique des femmes mise en place
Dans un contexte de veille des élections (présidentielle, régionales, législatives et municipales), les femmes ont parlé d’un futur. Un futur qui ne se rêve pas seulement, mais qui se construit à plusieurs, mais surtout avec elles, car qui mieux que les femmes, présentes au cœur des foyers, dans les champs, les marchés, les écoles, pour sentir les vrais besoins du peuple ? Leur mobilisation lors de cette conférence est un signal fort : les femmes du Cameroun ne veulent plus attendre qu’on leur donne la parole. Elles la prennent, et elles la portent haut. Tout le sens de l’initiative portée par Elise Memong Meno Epse Mpoung, présidente fondatrice de l’ALVF.
« Nous sommes en train de préparer des échéances. Il y’a la présidentielle, mais il y’a également les élections locales et on va parler des Collectivités territoriales décentralisées. Il faut que les femmes s’assurent de ce dont elles ont besoin pour le Cameroun d’aujourd’hui, et surtout pour le Cameroun de demain. C’est depuis la base que les femmes ont émis leur désidérata, afin que la Déclaration qui en sorte soit vraiment l’expression de leurs besoins. Ce que nous avons collecté a été validé, et il est question que nous fixions ensemble les étapes pour arriver à leur prise en compte dans les politiques », dira-t-elle.

La conférence du 23 Août est le début d’une dynamique nationale, une énergie collective qu’il faudra entretenir, écouter et surtout, concrétiser. Par des lois, par des projets, par des actes.
Le Cameroun de demain sera-t-il le fruit de cette parole féminine libérée ? Tout laisse croire que oui. Car quand les femmes se lèvent, c’est tout un pays qui avance.
Marie Judith Ndongo











