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Le CORAF à l’assaut des épidémies végétales : l’agriculture intelligente s’installe en Afrique Centrale

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Alors que les changements climatiques continuent de fragiliser les systèmes agricoles en Afrique, une initiative régionale suscite de plus en plus d’intérêt au-delà de ses frontières initiales. Conçu pour l’Afrique de l’Ouest, le Plan régional du Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement Agricole (CORAF), pour l’agriculture intelligente face au climat, trouve aujourd’hui un écho prometteur en Afrique Centrale, où les défis agricoles se doublent désormais d’un péril insidieux : la prolifération des épidémies végétales

Ravage des chenilles légionnaires sur le maïs, propagation incontrôlée de la mosaïque africaine du manioc, attaques fongiques sur le cacao, … Le tableau est préoccupant. Les épidémies phytosanitaires s’intensifient, favorisées par le réchauffement climatique, la réduction de la biodiversité agricole et les échanges commerciaux non régulés.

Dans ce contexte, le CORAF, en collaboration avec l’Alliance Bioversity CIAT déploie des actions de vulgarisation ciblées depuis Septembre 2024, pour étendre les pratiques agricoles intelligentes face au climat en Afrique Centrale. Pour le Cameroun, c’est l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement du Cameroun (IRAD), qui intervient en tant qu’acteur national.

« L’IRAD est un institut de recherche agricole et qui mène une série d’activités de recherches dans divers domaines, notamment la production végétale, la production animale, la foresterie, la biodiversité, et la question des changements climatiques est au centre des préoccupations de l’IRAD dans tous ces différents domaines. En tant qu’institut de recherche et en tant que pays membre de la CEMAC, l’IRAD va jouer un rôle important, à savoir contribuer déjà à l’élaboration de ce document, également à la mise en œuvre du programme finalisé », souligne Dr Florence Mafouasson Apala, Chef de Division de la Production Végétale à l’IRAD.

Une approche basée sur la science… mais pensée pour les paysans

Le plan repose sur des actions bien définies, qui consistent à prévenir les épidémies, réagir en cas d’épidémies et mettre en œuvre un système après épidémies. La stratégie est partagée aux acteurs à la faveur d’un atelier abrité à Yaoundé au Cameroun, les 11 et 12 Septembre 2025.

« C’est un programme qui vise à aider les pays de la sous-région Afrique centrale à pouvoir mieux gérer, à anticiper les changements climatiques, qui entrainent des défis énormes du point de vue de l’agriculture. A cause de ce phénomène, les paysans et les agriculteurs ont d’énormes difficultés à produire assez pour pouvoir nourrir les populations et pouvoir survivre eux-mêmes. Il est donc important d’anticiper cela et pallier à la réduction de la productivité liée aux changements climatiques, également à la réduction du cycle de production, des bio agresseurs, des inondations et autres défis qui entrainent d’année en année la réduction du niveau de production agricole », explique Dr Caroline Makamto Sobgui, Spécialiste Senior de mise à l’échelle au CORAF.

Le CORAF est soutenu dans cette dynamique par l’Alliance Bioversity CIAT, un centre de recherche mondial et une composante du CGIAR, qui développe des solutions basées sur la recherche, pour exploiter la biodiversité agricole et transformer les systèmes alimentaires afin d’améliorer la vie des gens face à la crise climatique.

« Nous apportons un appui technique mais aussi financier. Nous avons accompagné la revitalisation des alliances depuis le début en 2021. Nous avons ensuite organisé des ateliers pour identifier les axes autour desquels le progamme sera construit. Et après les différents ateliers pour monter le programme jusqu’à cette étape de l’évaluation. Nous renforçons les capacités et nous rendons disponibles toutes les innovations, technologies, méthodes, outils qui facilitent l’adaptation aux changements climatiques », précise Alcade Christel Segnon, représentant de l’Alliance Bioversity CIAT, aux travaux de Yaoundé.

Vers une convergence régionale ?

La vulgarisation du Plan régional du CORAF en Afrique Centrale, au-delà de sa dimension technique, est une avancée politique, en termes de dialogue entre science, climat et culturelles locales, où la lutte contre les épidémies végétales devient un levier de souveraineté alimentaire. Une graine d’avenir qu’il faudra encore arroser de volonté politique, de financement structurant et… de patience.

Marie Judith Ndongo        

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