Dans un contexte marqué par la menace croissante des épidémies agricoles, un atelier de vulgarisation et d’engagement des parties prenantes pour la mise en œuvre du Plan régional de préparation et de réponse aux épidémies de ravageurs et de maladies en Afrique centrale et de l’Ouest s’est tenu les 08 et 09 Septembre 2025 à Yaoundé, réunissant des experts en gestion des ravageurs et des maladies, des départements de la protection des végétaux et des animaux des pays de l’Afrique centrale, de l’équipe du cluster du projet AICCRA, des partenaires techniques et de l’équipe CORAF
Organisé par le Conseil Ouest et Centre africain pour la Recherche et le Développement Agricole (CORAF), l’atelier de deux jours avait pour objectif de contribuer à la vulgarisation en Afrique centrale du Plan de préparation et de réponse aux épidémies de ravageurs et de maladies, et de sensibiliser aux maladies virales des cultures comme le manioc dans la sous-région.
Au cœur des discussions, les stratégies de prévention, de détection précoce et de réponse rapide aux attaques de ravageurs, vecteurs de virus dévastateurs pour les cultures. De manière précise,
« Les acteurs ici réunis seront déjà répartis dans les rôles en fonction des activités contenues dans le Plan. Nous allons commencer la toute première étape, qui est de préparer, c’est-à-dire de mettre en œuvre des activités qu’il faut mener avant l’apparition d’une quelconque épidémie. Nous avons 10 domaines d’intervention du Plan, structuré en 03 phases, avant, pendant et après l’épidémie. Nous sommes dans une logique de préparation. Le producteur dans son champ ne doit pas attendre qu’une épidémie apparaisse et le surprenne. Il faut que les techniciens, qui sont en première ligne de cette prévention soient actifs, et mènent des activités en attendant que survienne une épidémie. Quant au producteur, lorsqu’il constate un petit changement dans son champ, il y’a tout un dispositif pour alerter les techniciens qui vont transmettre l’alerte pour qu’on puisse déclencher la phase 2, c’est-à-dire la mise en œuvre lors de l’apparition de l’épidémie », comme l’explique Esaïe Gbedehoue Kpadonou, Chercheur au CORAF.

Au cœur des discussions, les principaux domaines d’intervention stratégiques prioritaires pour la région, les zones d’intervention prioritaires régionales avant l’apparition d’un ravageur ou d’une maladie, les principaux domaines d’action stratégiques régionaux prioritaires pour la région en cas d’épidémies de ravageurs et de maladies, ainsi que les zones d’intervention stratégiques prioritaires pour la région suite à une épidémie ou à un ravageur. Une série d’action à mener avec le soutien indéfectible de l’Alliance Bioversity and CIAT.
« Il sera question pour nous d’utiliser ce Plan comme un outil de plaidoyer et pour lever des fonds, qui vont nous permettre de mettre en œuvre les actions au niveau régional. Ce plan a déjà été présenté au Marché des Innovations et Technologies Agricoles en Octobre 2024 à Lomé au Togo, et les actions sont toujours en cours avec d’autres nouveaux partenaires régionaux comme la FAO. Le développement des partenariats est un processus continu, que le CIAT, à travers le programme Bioversity CIAT entend poursuivre pour pouvoir permettre la mise en œuvre effective des actions qui sont contenues dans ce Plan », souligne Esdras Abrewa Remilokoun Obossou, représentant de l’Alliance Bioversity and CIAT aux travaux de Yaoundé.

Un partenariat entre science et communauté
Ce genre d’initiative témoigne de l’importance du dialogue entre scientifiques, décideurs et communautés rurales, afin de construire une résilience agricole durable. Pour l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement au Cameroun (IRAD), mandataire du Cameroun dans ce projet,
« Il est question que les actions qui seront proposées dans ce Plan soient connus pas l’IRAD, et soient implémentées sur le terrain, pour qu’on puisse parvenir à réduire les dégâts causés par les maladies et les ravageurs au niveau du Cameroun. Et l’IRAD ne travaillant pas en vase clos, collaborant avec les pays de la sous-région, va jouer un rôle important dans l’implémentation de ce Plan-là », indique Dr Florence Mafouasson Apala, Chef de Division de la Production Végétale à l’IRAD.
Cet atelier s’inscrit dans une démarche proactive de lutte intégrée contre les menaces agricoles et rappelle que la connaissance et la préparation sont les meilleures armes face aux épidémies destructrices.
Marie Judith Ndongo










