Quand on parle de protection de l’environnement, on pense très souvent aux arbres, aux énergies renouvelables, aux océans, ou encore au recyclage des plastiques. Très rarement, voire jamais, on ne pense à l’asticot. Et pourtant, ce petit ver gluant, souvent méprisé, joue un rôle écologique majeur, discret, mais puissant
Chaque jour, des tonnes de déchets organiques sont produits dans nos villes et villages. Restes de nourriture, épluchures, abats, excréments, déchets agricoles, entre autres. La majorité finit en décharge, brûlée ou abandonnée dans la nature, générant odeurs, pollution et prolifération de maladies. C’est ici qu’intervient l’asticot, capable de digérer en quelques jours des matières organiques que la nature mettrait des semaines à décomposer.
« La production des asticots se situe dans les objectifs de développement durable, et en terme de protection de l’environnement. On parle là du recyclage des déchets, qui permet à tout ce qui est matière biodégradable de pouvoir, à partir d’une technique transmise, transformer cela en valeur ajoutée pour une production animale de qualité », explique Bertrand TCHIKAGWA, Expert en Développement durable, Coordonnateur de ZENU-COOPCA.
Un contributeur à la lutte contre le changement climatique
Le traitement des déchets par incinération ou enfouissement produit de grandes quantités de gaz à effet de serre. En utilisant l’asticot comme outil de traitement biologique, on évite ces émissions polluantes. Mieux encore, l’élevage d’asticots produit 10 à 15 fois moins de gaz à effet de serre, que les sources traditionnelles de protéines animales comme le bœuf ou le poisson. C’est donc une alternative durable qui contribue à limiter l’impact environnemental de notre alimentation.

Un fertilisant naturel pour nos sols
Une fois que les asticots ont digéré les déchets, ils laissent derrière eux une matière riche appelée Frass, un compost organique de haute qualité. Ce fertilisant naturel, sans produits chimiques enrichit les sols, favorise la biodiversité microbienne et améliore la santé des plantes. En l’intégrant à l’agriculture locale, on réduit l’utilisation d’engrais chimiques souvent importés et nocifs pour les écosystèmes.
Une alternative durable à l’alimentation animale industrielle
L’industrie agroalimentaire détruit chaque année des forêts entières pour produire du soja ou de la farine de poisson destinée à nourrir les poules, les porcs ou les poissons. En remplaçant ces intrants par des asticots élevés localement sur des déchets organiques, on réduit la pression sur les ressources naturelles mondiales.
Les projets d’Entomoculture peuvent par ailleurs servir de leviers d’éducation environnementale dans les écoles, les marchés ou les quartiers. Ils montrent que même les déchets peuvent avoir une seconde vie utile et que chaque citoyen peut agir à son niveau.
Longtemps négligé, l’asticot mérite aujourd’hui toute notre attention. Il transforme nos poubelles en ressources, nos déchets en solutions, notre regard en prise de conscience.
Dans la lutte pour préserver notre planète, il est temps de considérer l’asticot non pas comme un parasité, mais comme un partenaire.
Marie Judith Ndongo










