Les 24 et 25 Septembre 2025, le palais des congrès de Yaoundé a raisonné au rythme d’échanges passionnés, de mots nouveaux et de rêves plurilingues. A l’initiative de la World Assembly of Muslim Youth (WAMY), s’est tenu un séminaire de promotion de la langue arabe, avec pour ambition de changer le regard sur une mangue trop souvent enfermée dans les clichés
Intitulée « Les contributions de l’Arabie Saoudite dans la vulgarisation de la langue arabe et le mécanisme de sa promotion au Cameroun », cette rencontre a réuni étudiants, enseignants, traducteurs, venus découvrir et redécouvrir une langue encore mal connue du grand public camerounais. Car si l’arabe est bien présent au Cameroun, notamment dans les régions septentrionales et dans les échanges transfrontaliers, il reste marginalisé dans les politiques linguistiques nationales et souvent associé uniquement à la religion.
C’est précisément cette vision que la WAMY veut déconstruire. A travers ateliers, pratiques, conférences, panels et moments de dialogue interculturel, ils ont défendu une idée simple mais puissante : l’arabe est aussi une langue de culture, de science, d’économie et surtout, une langue que tout camerounais peut apprendre, s’il en a la volonté et les moyens. Cette langue est par ailleurs un vecteur de transmission des valeurs islamiques et outil de rapprochement linguistique entre le monde arabophone et l’espace francophone.
Et ce n’est pas rien, dans un pays où cohabitent déjà plus de 250 langues nationales, en plus des deux langues officielles (le français et l’anglais). Promouvoir l’arabe dans ce contexte c’est aussi revendiquer un Cameroun véritablement plurilingue, ouvert à la diversité culturelle et prêt à valoriser chaque ressource linguistique comme un levier de développement.

Ce que la WAMY a compris et transmis avec passion, c’est que chaque langue qu’on promeut est une richesse qu’on ajoute au vivre-ensemble. Dans un pays aussi multilingue que le Cameroun, cette dynamique mérite d’être saluées, soutenue et pourquoi pas, étendue.
En deux jours, l’organisation n’a pas transformé le paysage linguistique national. Mais elle a semé les graines. Et parfois, il suffit d’un séminaire pour faire germer une révolution douce.
Marie Judith Ndongo







