Dans un contexte marqué par la multiplication des risques climatiques et humanitaires, la prévention apparaît plus que jamais comme un pilier essentiel de la résilience communautaire. Le Protocole d’Action Précoce (PAP) s’impose aujourd’hui comme l’un des outils les plus efficaces pour anticiper les catastrophes et en réduire l’impact. Mis en œuvre en 2023 avec l’expertise de la Croix-Rouge Camerounaise, ce mécanisme repose sur une synergie d’actions entre acteurs institutionnels, partenaires techniques et populations locales
Le Programme d’Action Précoce repose sur un principe fondateur : agir avant que le danger ne survienne, grâce à des données scientifiques, des systèmes d’alerte précoces performants et des actions planifiées à l’avance. La Croix-Rouge Camerounaise, avec sa présence communautaire unique et son réseau de volontaires, joue un rôle clé dans la coordination et la mise en œuvre de ces interventions anticipatives depuis 2023 dans la région de l’Extrême-Nord, notamment dans le Diamaré, le Mayo Danay et le Logone et Chari. La présidente nationale du mouvement souligne que :
« La mise en œuvre des activités de PAP au Cameroun exige une rigueur exceptionnelle pour mitiger les impacts des inondations fluviales dans la région de l’Extrême-Nord et dans d’autres parties du pays. Elle nécessite également des données fiables, des mécanismes de coordination solide, des ressources mobilisées rapidement et l’engagement ferme de chacun d’entre nous ».
Les actions prévues dans le cadre du PAP couvrent entre autres la sensibilisation des communautés exposées, la pré-position des stocks de secours, l’appui à l’évacuation précoce des familles à risque, la protection des biens et des infrastructures essentielles, la mobilisation rapide des volontaires formés aux premiers secours et à la gestion des urgences.

Cette approche n’est rendue possible au Cameroun que grâce à une collaboration étroite avec la Direction de la Protection Civile du Ministère de l’Administration Territoriale, la Direction de la Météorologie Nationale, les partenaires du Mouvement International de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, l’IFRC, le CICR, la Croix-Rouge Italienne, la Croix-Rouge Française, les partenaires techniques et financiers comme la FAO, VIVA, Logone/SEMRY, l’ONAC, ainsi que des organisations humanitaires et universitaires.
En tant qu’acteur de proximité, la Croix-Rouge Camerounaise est au cœur de ce dispositif. Sa capacité à intervenir directement dans les communautés, à mobiliser les volontaires et à accorder les réponses humanitaires fait d’elle un pilier indispensable de l’anticipation et de la prévention des catastrophes.
« Le Protocole d’Action Anticipatoire a véritablement transformé notre façon d’intervenir. Aujourd’hui, nous avons pu mettre en place un système qui rend les données disponibles, mais aussi des outils et des compétences à notre portée. C’est un changement majeur qui mérite d’être reconnu. Nous n’avons pas travaillé en vain », s’en réjouit Cécile Akame Mfoumou.
Ainsi, le Protocole d’Action Précoce ne représente pas seulement un outil technique, il incarne une vision collective où prévention, solidarité et coordination se conjuguent pour protéger les vies et renforcer la résilience des populations.
Une démonstration claire que prévenir vaut mieux que guérir, et que la synergie des acteurs, sous la conduite opérationnelle de la Croix-Rouge Camerounaise, peut transformer la gestion des risques en véritables bouclier pour les communautés.
Marie Judith Ndongo









