Mise sur pied pour une durée d’un an par le Réseau des Jeunes Féministes d’Afrique Centrale (REJEFEMAC), avec le soutien de l’ambassade de France au Cameroun, à travers le Fonds Equipe France (FEF), une cohorte de jeunes femmes féministes a marqué une étape importante dans la promotion du leadership féminin et de l’égalité de genre. Le projet s’est achevé à la faveur d’une cérémonie de clôture, ponctuant une année d’apprentissage, d’engagement et d’actions citoyennes
La mise en place de cette cohorte répond à la nécessité de renforcer la participation des jeunes femmes dans les dynamiques de transformation sociale et politique. En misant sur la formation et l’accompagnement des jeunes féministes, le projet a permis de consolider leurs compétences en leadership, plaidoyer et défense des droits des femmes. Ce choix stratégique s’inscrit dans une vision à long terme visant à faire émerger une nouvelle génération d’actrices du changement au Cameroun.
« Dans un milieu assez conservateur comme au Cameroun, on se rend compte que bien qu’il y’ait des jeunes femmes qui prennent la parole, qui osent au quotidien dans leurs communautés pour adresser les questions d’inégalité et de genre, très souvent elles peinent à se faire entendre, ou alors elles peinent à créer des initiatives durables par manque d’opportunités, de visibilité, mais aussi par manque de compétences techniques. Pendant un an nous les avons formées au militantisme féministe, à la gestion des organisations. Nous avons également soutenu 10 de ces 20 organisations militantes, afin de leur permettre de pérenniser leurs organisations, parce que le réel défi demeure le fait d’avoir des initiatives durables sur le temps, et non juste le temps d’un projet », précise Viviane Tathi, Responsable des Savoirs et des Connaissances dans le cadre du Projet d’Amélioration de la Gouvernance et de Renforcement des Capacités des Organisations Créées et Dirigées par des Jeunes Féministes au Cameroun (PRAGORECOJF).

Une année de formation, de mentorat et d’engagement
Durant un an, les membres de la cohorte ont bénéficié de sessions de formation thématiques, de mentorat et d’espaces d’échanges d’expériences. Ces activités ont favorisé le renforcement des capacités individuelles et collectives, tout en encourageant la mise en œuvre d’initiatives concrètes au sein des communautés.
« Nous avons appris à lutter ensemble, à comprendre que le féminisme n’est pas seulement une mode, mais que c’est apprendre à résister, à nous exprimer également. Nous sommes arrivées avec nos doutes, nos silences, nos peurs. Chaque fois qu’on se rencontrait, on se pensait, et on avait de la bienveillance envers nous-mêmes. Ce qui fait qu’au sortir d’ici, on a compris qu’on n’était pas seulement des jeunes filles parties de nulle part, mais on est devenu une famille qui pouvait résister aux violences basées sur le genre, qui pouvait combattre pour les autres, lutter pour celles qui n’ont pas de force. Nous ne partons pas d’ici les mains vides, mais transformées. Nous avons appris non seulement à militer au sein de nos organisations, mais aussi à occuper l’espace numérique pour pouvoir toucher un plus grand nombre du public », témoigne ainsi Winnie Eyono, membre de cette première cohorte.
Un partenariat porteur avec l’ambassade de France
Le soutien de l’ambassade de France au Cameroun a été déterminant dans la mise en œuvre du projet. Ce partenariat témoigne de l’engagement des partenaires internationaux en faveur de la promotion de l’égalité de genre et de l’autonomisation des jeunes femmes. Il a également permis d’assurer la qualité des activités et la visibilité des actions menées par la cohorte.
« Le projet s’inscrit totalement dans le cadre de la diplomatie féministe de la République française, qui a été adoptée depuis 2019 par la France, qui a été réitérée à de nombreuses reprises par les différents ministres, notamment de l’Europe et des affaires étrangères lors des différentes assemblées générales des Nations Unies. L’objectif est vraiment que notre engagement auprès de la société civile ait une grande priorité à l’endroit des organisations de la société civile féministes, qui luttent pour l’égalité, pour les droits des femmes. Cette cohorte existe aujourd’hui, et on sent une forte entraide, une forte sororité entre toutes ces jeunes féministes, et c’est ce qui était aussi important de pouvoir créer, et de savoir qu’elles font partie de ce réseau et qu’elles vont pouvoir aussi continuer à construire ensemble pour plus de droits pour les femmes », contextualise et apprécie Annaelle Roucou, Attachée Coopération Culturelle du Service de Coopération à l’ambassade de France au Cameroun.

Une cérémonie de clôture, entre bilan et perspectives
La cérémonie de clôture a constitué un moment de bilan et de célébration des acquis du projet. Elle a permis de valoriser les parcours des participantes, de présenter les résultats obtenus et de réaffirmer la volonté de poursuivre les actions engagées.
« La prochaine étape c’est déjà d’agrandir la communauté féministe au Cameroun, avoir des organisations portées par des jeunes femmes, qui ont des processus financiers fiables, transparents, intègres, mais également d’avoir des jeunes militantes féministes, qui osent notamment s’organiser, qui osent frapper des portes pour réclamer leurs droits sans avoir peur de se faire entendre. Il faut que nous soyons nombreuses, que nous nous fassions entendre, qu’on occupe l’espace, également qu’on se structure en terme d’impact pour comprendre comment s’organiser en terme de lutte, comment on porte nos voix de façon collective. Parce que jusqu’ici, elles le portaient déjà mais de façon individuelle », souligne Viviane Tathi.

Au-delà de la fin officielle du projet, cette cohorte laisse entrevoir des perspectives durables avec des jeunes femmes désormais mieux outillées pour porter le combat féministe et contribuer à des sociétés plus inclusives et équitables.
Marie Judith Ndongo







