A Douala, la communauté urbaine engage un tournant décisif dans la régulation du secteur des moto-taxis. Face à la montée de l’insécurité et à la recrudescence des accidents urbains, un package de mesures structurantes vient d’être proposé pour assainir et professionnaliser cette activité qui fait vivre des milliers de familles
Au cœur du dispositif figure l’identification biométrique des conducteurs. Cette mesure vise à établir une base de données fiable des exploitants, facilitant leur traçabilité et la lutte contre les infiltrations criminelles.
L’objectif est clair : distinguer les professionnels dûment enregistrés des opérateurs criminels, tout en renforçant la responsabilité individuelle.
Des chasubles homologués pour une meilleure visibilité
La communauté urbaine prévoit également la distribution de chasubles homologués, offerts aux conducteurs enregistrés. Au-delà de l’uniformisation visuelle, cette mesure ambitionne d’améliorer la visibilité des moto-taximen dans la circulation et de rassurer les usagers.
Un moto-taximan identifiable devient plus facilement contrôlable, mais aussi plus crédible aux yeux des clients.


Formation gratuite et permis catégorie 1
Autre innovation majeure : une formation gratuite en vue de l’obtention du permis de conduire catégorie A. Cette initiative répond à un constat préoccupant : une grande partie des conducteurs exerce sans qualification formelle, contribuant aux accidents qui font des moto-taxis le premier facteur d’accidents urbains dans la capitale économique.
En facilitant l’accès au permis et à la formation routière, la communauté urbaine entend rehausser le niveau de professionnalisme du secteur.


Assainir sans fragiliser
Si le défi sécuritaire est réel, les autorités semblent vouloir éviter une approche purement répressive. L’enjeu est d’assainir le centre-ville sans fragiliser une activité qui constitue une source de revenus essentielle pour de nombreuses familles.
A Douala, le secteur des moto-taxis, communément appelés « benskineurs », est à la fois indispensable et controversé. Rapides, accessibles et omniprésents, ils répondent aux insuffisances du transport urbain, mais exposent aussi la ville à des risques sécuritaires et routiers.
Avec ce package de mesures, la communauté urbaine affiche sa volonté de concilier mobilité, sécurité et professionnalisation.
Reste à voir comment les acteurs du secteur s’approprieront ces réformes, appelées à redessiner durablement le visage de la mobilité urbaine à Douala.
Marie Judith Ndongo








