La reconnaissance du statut du « Communautaire » au Cameroun dans l’accès aux soins de santé implique de reconnaitre le rôle des membres de la communauté, notamment les agents de santé communautaires comme des acteurs clés de la promotion de la santé et l’amélioration de l’accès aux soins. Un combat que mène le Réseau Camerounais des Adolescents et Jeunes Positifs (RECAJPLUS), dans le cadre de la réponse communautaire à la stigmatisation, la discrimination et la réforme législative en Afrique de l’Ouest et du Centre, de l’ONUSIDA
Reconnaitre les Communautaires signifie intégrer leur expertise locale et leur légitimité auprès de la population dans la planification, la mise en œuvre et l’évaluation des programmes de santé, en les reconnaissant comme partenaires égaux et essentiels, plutôt que comme de simples bénéficiaires des services. L’approche communautaire permet de combler les lacunes dans les zones reculées et d’atteindre des populations marginalisées.
« Le travail des Agents de santé Communautaires est indispensable si nous voulons mettre fin aux maladies au Cameroun. Ce sont ces agents de santé communautaires qui partent au dernier kilomètre pour offrir les services. Leur travail étant important, il est primordial que l’Etat camerounais l’encadre et offre un cadre propice pour qu’il soit honoré à sa juste valeur », argumente Laura Lontsi, Directrice des programmes au RECAJPLUS.
La précarité au bout du chemin
Les Agents de santé Communautaires font face à de nombreuses difficultés, notamment le manque de formation et de supervision, une précarité de leur statut et de leur rémunération, l’absence d’un mandat légal clair, des ressources insuffisantes, des obstacles sociaux et culturels, ainsi qu’une exposition à des violences et à la stigmatisation. Ce qui rend leur tâche d’autant plus complexe dans les communautés isolées ou confrontées à des problèmes socio-économiques.
« Nous devons nous rendre dans des zones reculées, parfois nous n’avons pas de moyens, nous puisons dans nos propres poches. Nous sommes des bénévoles et il est important ici que cela soit pris en compte, que ce soit un métier de carrière. Le fait de n’avoir parfois pas de financements peut pousser à abandonner à la longue. Par conséquent, on assistera à une remonter en puissance des maladies. Il est important de valoriser le travail d’Agent de santé Communautaire », soutient Laura.
Une autre réalité est que beaucoup de Communautaires sont employés par des ONG pour des projets de durée limitée, et ne sont plus rémunérés après la fin des projets. Ce qui rend difficile non seulement l’atteinte des objectifs d’éradication des maladies, mais aussi les conditions de vie.
Marie Judith Ndongo










