La thématique a constitué le fil conducteur d’une conférence-débat le 23 Août 2025, inscrite dans le cadre de la célébration de la journée de la culture des communautés Banko et Barombi. Sous le haut patronage de Son Excellence Chief Dr Joseph Dion Ngute, et à l’initiative des associations Bankon-Barombi de Yaoundé, l’évènement inédit a tenu ses quartiers au Musée national à Yaoundé
Les Bankon-Barombi, hier, aujourd’hui et demain. Plus qu’une conférence, c’est le réveil d’une mémoire, la réaffirmation d’un lien de sang et d’une histoire, mais surtout la poursuite ensemble d’une vision vers l’avenir. Au-delà d’un slogan intellectuel, c’est un véritable cri de cœur, une invitation à regarder en face ce qui a été, ce qui est et ce qui sera pour ces communautés séparées par la colonisation.
Il faut le dire, Bankon et Barombi sont des frères. L’histoire qui frappe ainsi à la porte recommande de retisser les liens, non par nostalgie, mais par devoir, celui de la réconciliation. C’est donc un moment privilégié qui a été partagé durant environ 03 heures de temps, entre chercheurs, universitaires, et une assistance composée de chefs traditionnels, des ressortissants Bankon-Nord, Bankon-Sud et Barombi, ainsi qu’un public diversifié.
« Nous sommes là aujourd’hui pour fortifier la relation que nous avons toujours eue. Parce que nous nous retrouvons aujourd’hui dans deux régions, le Sud-Ouest et le Littoral, il est important d’étudier les similitudes et les légères différences que nous avons en termes de langue, accoutrement, cuisine. Le message est clair : celui de l’amour entre les peuples Bankon et Barombi, pour illustrer le vivre-ensemble. Lorsque ces deux communautés se retrouvent, elles doivent se sentir à l’aise et manifester le sentiment d’appartenance », déclare Ngende Moses Ebukain, un paneliste aux assises, Vice-président de Bankon-Barombi Group.
A la présidente du Comité d’organisation, Louise Thérèse Beaho, d’ajouter et signaler que « Nous sommes une seule et même personne. Quand le Bankon et le Barombi parlent, nous nous comprenons ».

Les Bankon et les Barombi découvrent donc qu’ils sont un même peuple, et partagent les mêmes rituels traditionnels communs. Séparés depuis deux cents ans, ils entament fièrement ce processus de rapprochement. Majesté Louis Dalle, Chef du village Fiko, représentant du Chef supérieur du canton Bankon Nord, salue l’initiative.
« Nous sommes venus soutenir cette action de retrouvailles et d’union. J’avoue que jusqu’à un certain âge je ne connaissais pas cette fraternité existante ente les Barombi et les Bankon. J’ai appris avec beaucoup d’enthousiasme que nous sommes frères, nous avons le privilège aujourd’hui de nous retrouver et de mettre en place un dispositif pour que cette action soit pérenne », dira-t-il.



A côté de ce moment intense et enrichissant, l’évènement a permis de découvrir des expositions et innovations d’art culinaire, artistique et culturel. Dans un stand par exemple, l’allure des bouteilles de boissons naturelles attire l’attention. Ce sont des boissons bien connues, consommées majoritairement par les moins nantis, pourtant thérapeutiques à plus d’un titre. Cécile Nseke en dit davantage.
« Ici, ce sont des bouteilles d’écorces, qui viennent tout droit du village. C’est du Kiposs ki Nguiya (nom scientifique pas encore connu), que de grands consommateurs appellent Njounjou boto, très efficace contre le paludisme, la fatigue générale et la faiblesse sexuelle chez l’homme. Elle favorise aussi la bonne digestion. Nous avons aussi ce whisky extrait du vin de palme, communément appelé Ha’a, qui a les mêmes vertus que Njounjou boto ».
C’est une série d’activités qui s’achève ainsi pour cette toute première édition de la Journée culturelle Bankon-Barombi, avec pour espérance que « cet évènement se perpétue et que nous nous retrouverons toujours ensemble, Bankon, Barombi et tous les camerounais, sous le signe du vivre-ensemble », lance Louise Thérèse Beaho.
Des actions pour consolider la dynamique
Le rapprochement des Bankon et des Barombi est un processus engagé par les chefs traditionnels avec pour objectif de se redécouvrir et de partager les bien historiques.
« Nous avons mis en place un festival qui, certainement aura lieu dans les prochains mois, nous menons des réflexions comme cette journée, nous aurons automatiquement une rencontre annuelle ou biennal. Nous nous identifierons aussi par un pagne qui est en cours de fabrication. Au fur et à mesure que les choses avanceront, de nouvelles idées nous parviendront », rassure Majesté Louis Dalle.
Marie Judith Ndongo











