Chaque Mercredi de la semaine, avant même que le soleil ne perce les toits, un petit mouvement traverse les ruelles de Messa Angono et Plateau dans le deuxième arrondissement de la ville de Yaoundé. Ce ne sont pas des passants pressés, ni des commerçants en retard d’ouverture. Ce sont les membres du comité du quartier, reconnaissables à leurs gilets fluorescents et à l’énergie débordante qu’ils transportent avec eux, balais et pelles à la main
Ils ne sont ni fonctionnaires, ni exécutants d’une obligation municipale. Ils sont habitants, tout simplement. Habitants qui ont décidé que leur cadre de vie mérite mieux que la poussière, les sachets plastiques oubliés et les herbes folles qui grignotent les trottoirs. Ainsi, chaque semaine ils se déploient avec leur régularité presque militaire pour mener ce qui est désormais une opération de reconquête.
Le rituel est bien rodé : un point de rassemblement, une courte répartition des tâches, puis le quartier s’anime. D’un côté, une équipe s’attaque aux caniveaux. Plus loin, un groupe arrache les mauvaises herbes. Les enfants, souvent curieux, imitent les adultes, transformant la séance de nettoyage en une petite leçon de civisme grandeur nature.

Mais au-delà des déchets collectés et de la poussière soulevée, c’est surtout une atmosphère de solidarité qui flotte dans l’aire. Les discussions s’enchainent, les sourires se croisent, et l’on redécouvre un voisin qu’on ne faisait que saluer de loin. Le comité de quartier n’assainit pas seulement les rues. Il assainit aussi les relations, il répare ce tissu social qui s’effiloche partout ailleurs.

Lorsque le soleil atteint le zénith et que chacun range son matériel, le quartier paraît toujours un peu plus léger, un peu plus agréable. Et surtout, ces quelques heures partagées rappellent une certitude simple : la propreté, la sécurité et le bien-être ne viennent pas seulement des autorités, mais de la volonté collective de ceux qui habitent les lieux.

Ainsi va la vie à Messa Angono et Plateau, où semaine après semaine, les riverains prouvent que lorsqu’on prend soin de son environnement, c’est tout un mode de vie qu’on embellit.
Marie Judith Ndongo









