A Yaoundé, le 11 Juin 2026, a été lancé l’atelier de présentation et de capitalisation des résultats du projet Réseau régional de recherche multi-acteurs sur l’agroécologie en Afrique de l’Ouest et du Centre (RADIUS). Pendant 03 jours, les participants venus de cinq pays africains et d’Europe vont analyser les acquis de la première année de mise en œuvre de cette initiative régionale qui entend accélérer la transition agroécologique dans une région où l’agriculture représente près de 35% du PIB et fait vivre plus de 60% de la population active
Face aux effets grandissants du changement climatique, à la dégradation des terres, à la perte de la biodiversité et à l’insécurité alimentaire, les pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre sont appelés à repenser leurs modèles agricoles. Dans ce contexte, l’agroécologie apparaît comme une alternative crédible, conciliant productivité, préservation des ressources naturelles et résilience des communautés.
Financé dans le cadre du programme ArcX et soutenu par l’initiative DeSIRA de l’Union Européenne, le projet RADIUS fédère un réseau d’institutions de recherche, d’universités et d’organisations de développement autour d’un objectif commun : promouvoir des synergies alimentaires durables, inclusifs et résilients.
L’atelier ouvert à Yaoundé marque une étape importante dans la vie du projet puisqu’il permet d’évaluer les résultats obtenus, d’identifier les défis rencontrés et de définir les orientations futures.
« Après les résultats de la première année, nous avons constaté que les pratiques et innovations développées au Cameroun sont intéressantes et nous avons décidé d’inviter les autres pays pour apprendre ce que le Cameroun a déjà mis en œuvre, et réciproquement. Les représentants des producteurs y sont également associés, pour identifier les initiatives importantes pour la protection de l’environnement, mais aussi pour l’amélioration des sols », explique Emmanuel Njukwe, Directeur de la Recherche et de l’Innovation au CORAF.
Capitaliser les acquis pour mieux préparer l’avenir
Au-delà du simple exercice d’évaluation, cette rencontre régionale se veut également un espace d’apprentissage collectif. Les partenaires du Cameroun, du Sénégal, du Burkina Faso, du Bénin et de la Côte-d’Ivoire présenteront tour à tour les avancées enregistrées dans leurs différents sites d’intervention.
Les échanges porteront notamment sur les innovations développées, les mécanismes de diffusion de bonnes pratiques et les solutions expérimentées pour améliorer la résilience des systèmes agricoles face aux chosc climatiques.
Pour Eunice Golda Danièle Ndoh, Point Focal RADIUS à l’IRAD Cameroun, cette phase de capitalisation est essentielle pour renforcer l’impact du projet.
« L’objectif principal du projet est de diffuser les technologies et les innovations en agroécologie. Nous voulons renforcer les capacités de tous les acteurs, principalement les petits producteurs qui sont la cible. Parce que pour une transition agroécologique, nous devons commencer par la base, et montrer au petit producteur qu’il y’a des technologies et des innovations faciles d’usage, qu’ils peuvent adopter, et qui peuvent également leur permettre non seulement de protéger leur environnement, mais aussi de produire en quantité et en qualité. Avec le Minader, nous sommes en train d’élaborer une feuille de route pour la stratégie nationale d’agroécologie, déjà élaborée dans les autres pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre », dtt-elle.
Selon elle, les activités menées au Cameroun démontrent déjà la pertinence d’une approche fondée sur la recherche participative et l’implication directe des communautés.

Des partenariats au service d’une vision commune
Le projet RADIUS repose sur une approche multi-acteurs associant chercheurs, universités, organisations paysannes, décideurs publics et partenaires techniques. Une dynamique qui favorise le partage d’expériences et la co-construction de solutions adaptées aux réalités des territoires.
Pour Fructueuse OUIDOH Agbodjogbe, cette coopération régionale constitue l’un des principaux atouts du programme.
Elle souligne également l’importance de la mise en commun des savoirs et des innovations.
« C’est une occasion pour nous de partager les initiatives, les actions de l’agroécologie, les innovations mise à échelle, développées et testées par le projet avec les populations camerounaises. L’objectif du projet étant d’assurer la mise à échelle des innovations agroécologie, qui se base sur la co-construction. Nous sommes donc en apprentissage perpétuel et il est nécessaire de partager les résultats afin de recueillir aussi les observations, les expériences des autres acteurs engagés dans l’agroécologie, pour améliorer les prochaines actions de mise en œuvre du projet dans les différents pays », déclare-telle.
Une ambition régionale pour la souveraineté alimentaire
Il sera également question d’identifier les contraintes techniques, financières et institutionnelles susceptibles de freiner la mise à l’échelle des innovations agroécologiques. Les conclusions de l’atelier devraient déboucher sur des orientations stratégiques pour la deuxième année du projet.
Au-delà des résultats déjà obtenus, l’ambition demeure claire : contribuer durablement à la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations tout en préservant les ressources naturelles.
A l’heure où les crises climatiques et alimentaires fragilisent les économies africaines, le projet RADIUS apparaît comme un laboratoire régional d’innovations et de coopération. En réunissant chercheurs, institutions et producteurs autour d’une même ambition, il démontre que la transition agroécologique peut devenir un puissant levier de souveraineté alimentaire pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Avril Njoè











