Aminou Medeguem : L’ambitieux débrouillard

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Il a mené pratiquement tous les petits boulots. Aujourd’hui, il en cumule à 02, vigile et conducteur de mototaxi. Malgré les caprices de la vie, il reste focus sur son grand rêve, devenir Président Directeur Général d’entreprises

Chaque matin, Aminou Medeguem, habitant de Manguiers dans le 1er arrondissement de Yaoundé, transporte sur sa moto, des usagers de la route. Parmi eux, la majorité sont des élèves. Si le conducteur et ses passagers, qu’il connait pour la plupart, prennent du plaisir à la balade, il reste que le trajet est considérablement court, du fait des restrictions de la mairie, qui réduit la mobilisation des mototaxis à quelques quartiers.

« Je fais juste la ligne Elig-Edzoa. On se limite à Emana, Messassi, Olembe. On ne peut pas arriver à Tongolo, ni à Bata Nlongkak », regrette-t-il.

Cette activité, il la pratique depuis quelques mois en addition au poste de vigile qu’il occupe la nuit, pour le compte d’une entreprise de prestation de services de sécurité, question de gagner sa vie de manière organisée.

« Je fais la moto en journée. A partir de 16-17h j’arrête, je me repose un peu, puis je vais travailler comme vigile de G4S », explique-t-il

De petits boulots, Aminou en a toujours fait. De Makabaye, son village natal dans le département du Diamaré à l’Extrême-nord, à Yaoundé dans le Mfoundi passant par la Lékié dans la région du Centre, ce jeune homme a été commerçant, gardien, agriculteur, restaurateur. C’est en service à G4S que l’idée lui vient de contracter un crédit pour acheter sa moto et exercer le métier de conducteur, qui ne nécessite visiblement pas de formation particulière. C’était donc un boulot à portée de main.

« Une microfinance m’a donné l’opportunité d’emprunter de l’argent. Je l’ai fait, j’ai acheté une moto, et c’est comme ça que je me bats présentement », dit-il.

« J’ai le BEPC »

Aminou se débrouille depuis plusieurs années maintenant. Il ne se destinait pas à ça, mais a fini par s’y adapter. En classe de Première il décide d’abandonner l’école pour subvenir à ses besoins, loin de sa famille. Cette décision résulte de son envie de chercher de l’argent car affirme-t-il, « L’école n’est pas seulement pour travailler pour l’Etat. Tu peux juste fréquenter un peu. Si tu parviens à lire les plaques, t’exprimer, c’est déjà suffisant ». « J’ai le BEPC (Brevet d’études du premier cycle). J’ai fait la Première 03 ou 04 fois. Le Probatoire m’a refusé et je me suis dit pour ne pas perdre du temps, c’est mieux que j’aille me battre », ajoute-t-il.

« J’ai un grand rêve »

Petit à petit, l’oiseau fait son nid, dit-on. Au fil du temps, Aminou est parvenu à mettre à la disposition d’un jeune débrouillard, de quoi vendre des brochettes de viande de bœuf grillée, mettant ainsi en œuvre sa vision de toujours tendre la main aux nécessiteux.

« J’ai un grand rêve. C’est d’être autonome, propriétaire de logements à louer, avec de petites entreprises. Je veux aussi aider ceux qui sont dans le besoin », déclare-t-il.

Malgré les difficultés, ce papa de 02 enfants poursuit sereinement ses aspirations.

Marie Judith Ndongo

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