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L’Afrique centrale en alerte : Vulgariser pour protéger les cultures et les vies

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Dans les champs comme dans les réunions de haut niveau, l’heure est à la vigilance. Face à la recrudescence des épidémies de ravageurs et de maladies virales touchant les cultures vivrières en Afrique centrale, les pays de la sous-région passent à l’offensive. Et au cœur de cette mobilisation se trouve un outil stratégique souvent sous-estimé : la vulgarisation agricole, initiée par le Conseil Ouest et Centre africain pour la Recherche et le Développement Agricole (CORAF)

Au cœur des préoccupations : le manioc, plante nourricière pour des milliers de foyers, aujourd’hui menacé par des virus redoutables comme la mosaïque du manioc et la striure brune. Ces fléaux agricoles ne connaissent pas de frontières. Il se propagent silencieusement, appauvrissant les sols, et les assiettes.

En partenariat avec Alliance Bioversity and CIAT, dans le cadre du projet Accelerating Impacts of CGIAR Climate Reaserch for Africa (AICCRA), le Conseil Ouest et Centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF), a lancé une série d’ateliers de vulgarisation à travers les pays de la région, parties prenantes, pour la mise en œuvre du Plan régional de préparation et de réponse aux épidémies de ravageurs et de maladies en Afrique de l’Ouest et du Centre. Après son lancement en Septembre 2024 à Abidjan en Côte d’Ivoire, le plan a été soumis à l’appréciation de l’Afrique Centrale, à la faveur d’un atelier abrité à Yaoundé les 08 et 09 Septembre 2025. Experts en gestion des ravageurs et des maladies des départements de la protection des végétaux et des animaux des pays de l’Afrique centrale, équipe du cluster du projet AICCRA et participants techniques étaient donc réunis pour réfléchir sur la vulgarisation en Afrique centrale du Plan de préparation et de réponse aux épidémies de ravageurs et de maladies, mais aussi pour sensibiliser aux maladies virales des cultures dans la sous-région.

« Les acteurs ici réunis seront déjà répartis dans les rôles en fonction des activités contenues dans le plan. Nous allons commencer la toute première étape, qui est de se préparer, c’est-à-dire de mettre en œuvre des activités qu’il faut mener avant l’apparition d’une quelconque épidémie. Nous avons 10 domaines d’intervention du plan, structuré en 03 phases. Avant, pendant et après l’épidémie. Nous sommes dans une logique de préparation. Le producteur dans son champ ne doit pas attendre qu’une épidémie apparaisse et le surprenne. Il faut que les techniciens, qui sont en première ligne de cette prévention soient actifs, et mènent des activités en attendant que survienne une épidémie. Quant au producteur, lorsqu’il constate un petit changement dans son champ, il y’a tout un dispositif pour alerter les techniciens qui vont transmettre l’alerte pour qu’on puisse déclencher la phase 2, c’est-à-dire la mise en œuvre lors de l’apparition de l’épidémie », explique Esaïe Gbedehoue Kpadonou, Chercheur au CORAF.

Les programmes de vulgarisation ne se contente donc pas de diffuser l’alerte. Ils forment aussi les agriculteurs à reconnaitre les premiers signes d’infection, à pratiquer le roulement des cultures, à utiliser des variétés résistantes, et à signaler les foyers de contamination. Initié par le CORAF, le plan prévoit une coordination entre pays, un partage d’informations en temps réel, et surtout une meilleure anticipation des crises phytosanitaires. Le Conseil est soutenu dans cette dynamique par l’Alliance Bioversity CIAT, un centre de recherche mondial et une composante du CGIAR, qui développe des solutions basées sur la recherche, pour exploiter la biodiversité agricole et transformer les systèmes alimentaires afin d’améliorer la vie des gens face à la crise climatique.

« Il sera question pour nous d’utiliser ce plan comme un outil de plaidoyer et pour lever des fonds, qui vont nous permettre de mettre en œuvre les actions au niveau régional. Ce plan a déjà été présenté au Marché des innovations et technologies agricoles en Octobre 2024 à Lomé au Togo, et les actions sont toujours en cours avec d’autres nouveaux partenaires régionaux comme la FAO. Le développement des partenariats est un processus continu, que le CIAT à travers le programme Biodiversity CIAT entend poursuivre pour pouvoir permettre la mise en œuvre effective des actions qui sont contenues dans le plan », souligne Esdras Abrewa Remilokoun Obossou, représentant de l’Alliance Bioversity CIAT, aux travaux de Yaoundé.

Une réponse collective pour un enjeu régional

Ce travail de fond est certes mené sous l’égide du CORAF, mais sans l’adhésion des communautés locales, aucun plan, si bien conçu soit-il, ne peut porter ses fruits. D’où l’intervention de l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement (IRAD), en ce qui concerne le Cameroun.

« Il est question que les actions qui sont proposées dans ce plan soient connues par l’IRAD et soient implémentées sur le terrain, pour qu’on puisse parvenir à réduire les dégâts causés par les maladies et les ravageurs au niveau du Cameroun. Et l’IRAD ne travaillant pas en vase clos, collaborant avec les pays de la sous-région, va jouer un rôle très important dans l’implémentation de ce plan là », indique Dr Florence Mafouasson Apala, Chef de Division de la Production Végétale à l’IRAD.

A ce jour, le CORAF enregistre des milliers de producteurs sensibilisés par ses programmes en 2025. Le chemin est peut-être encore long mais une chose est sûre, l’avenir de l’agriculture dépendra autant de la science que de la capacité à en faire un bien commun.

Marie Judith Ndongo  

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