Sur la place du quartier Ekoudou 5, dans le 2è arrondissement de la ville de Yaoundé, il n’y a ni fanfare, ni grand discours. Pourtant pour les habitants, c’est un moment symbolique. L’installation du nouveau chef de bloc, Dandjouma Goulam marque le début d’une nouvelle ère locale qu’on espère faite d’écoute, de présence, et surtout d’actions concrètes
Dans un monde où les décisions semblent souvent prises loin des réalités de terrain, le chef de bloc demeure ce maillon précieux entre l’administration et les citoyens, cette figure du quotidien qu’on interpelle dans la rue, qu’on appelle à l’aube pour un conflit ou à minuit, pour une urgence sociale.
Dandjouma Goulam n’est pas inconnu dans le quartier, mais il hérite d’un bloc en quête de solutions, pour l’assainissement, l’insécurité nocturne, les enfants déscolarisées, l’incivilité. Les défis sont nombreux et les attentes, plus encore.
L’installation s’est faite dans la sobriété, mais non sans chaleur. Anciens, femmes et jeunes formulent des souhaits précis dans le sens du développement local.
Etre chef de bloc aujourd’hui ce n’est pas seulement porter un titre ou recueillir les plaintes. C’est médiatiser les besoins, désamorcer les conflits, impulser des dynamiques communautaires. C’est savoir dire non quand il faut, et surtout savoir faire le lien entre ce qui se passe et ce qui se vit en bas.
Il faut le dire. Trop souvent, les chefs de bloc sont réduits à un rôle administratif, voire décoratif. Or dans un contexte de crise sociale et de besoins de proximité, cette fonction retrouve toute sa pertinence. Encore faut-il que l’autorité qu’elle incarne soit légitime, et que les engagements ne s’arrêtent pas aux discours d’installation.
A monsieur Dandjouma Goulam donc, de transformer la confiance en résultats, et l’écoute en projets. Et aux habitants aussi de jouer leur rôle, celui de partenaires, pas seulement d’installation.
Un nouveau chef de bloc, c’est un nouveau chapitre pour le quartier, dans l’espoir qu’il s’écrira avec tous les habitants et surtout, pour ces derniers.
Marie Judith Ndongo







