Le village Ngompém dans la commune de Pouma, département de la Sanaga-Maritime, région du Littoral Cameroun, vient d’inscrire son nom dans une démarche innovante de développement durable et de valorisation scientifique de son patrimoine naturel. La chefferie traditionnelle de ce village a en effet signé un accord de partenariat avec une firme internationale spécialisée dans la recherche biotechnologique et les sciences de la vie, dans le cadre d’un ambitieux programme de valorisation des ressources génétiques locales
C’est parti pour une collaboration inédite entre science moderne et sagesse traditionnelle. L’accord récemment signé entre le village Ngompém et une firme internationale marque une collaboration inédite entre la science moderne et la sagesse traditionnelle. Il est question de séquencer et étudier l’activité microbienne de l’écosystème local (sols, plantes, eaux et micro-organismes), afin d’identifier des applications commerciales et écologiques durables dans les domaines comme la santé, l’agro-industrie et la biotechnologie environnementale. Le Chef du village salue ce partenariat qui s’inscrit dans la législation camerounaise sur les ressources génétiques, comme une opportunité historique pour sa communauté.
« On a longtemps été soumis à la bio-piraterie. On ne savait pas dans quel cadre intervenaient certains acteurs », lance Sa Majesté Wilfried Yinda.
Un partenariat fondé sur l’équité et la transparence
Fait majeur : l’accord intègre un mécanisme de Partage des Avantages (APA), conformément aux principes du Protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des bénéfices qui en découlent. Des bénéfices qui se déclinent en projets sociaux (accès à de l’eau, l’électricité ou un logement décent), mais aussi en redevances sur les découvertes et les innovations issues des ressources du territoire. Selon Sa Majesté Wilfried Yinda,
« L’enjeu est donc de monétiser les ressources génétiques qui doivent être partagées équitablement entre la société partenaire et les communautés productives », dit-il.
Un modèle de coopération pour la bio économie camerounaise et africaine
Au-delà du cadre local, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de promotion de la bio économie camerounaise et africaine, où les ressources naturelles deviennent des leviers de recherche, d’innovation et de prospérité partagée.
En reliant la chefferie traditionnelle, gardienne des savoirs et de la terre, à une entreprise scientifique internationale, ce projet illustre une nouvelle approche du développement : celle qui fait dialoguer la tradition et la technologie, la culture et la recherche, au service de la durabilité.
Entre respect des avoirs locaux et ouverture à la science mondiale, le partenariat entre le village Ngompém et une firme internationale trace la voie d’une valorisation responsable des ressources génétiques. Une démarche pionnière qui démontre que le développement durable passe aussi par la reconnaissance du génie local, intégré dans les grandes dynamiques de recherche et d’innovation.
Marie Judith Ndongo








