Il arrive que certains lieux portent une mémoire qui dépasse leur simple architecture. Le presbytère de Biyan par Zoétélé, héritage du Pasteur Simon Pierre Ngomo est de ceux-là. Un espace façonné par la générosité, la prière, les conseils et la présence rassurante d’un homme de foi qui a marqué des générations. Après sa disparition, le silence semblait peser comme si les murs eux-mêmes attendaient que l’on ravive la lumière qu’il y avait semée. C’est alors qu’un geste puissant s’est imposé : le Révérend Ela Francis Lenoir, fils spirituel du Pasteur, a initié l’entretien et la restauration du presbytère. Un acte qui va bien au-delà d’une simple rénovation matérielle
Être fils spirituel c’est porter en soi une part de l’enseignement, de la foi et de l’humanité du mentor défunt. Pour le Révérend Ela Francis Lenoir, héritier de cœur du Pasteur Simon Pierre Ngomo, aménager le presbytère n’est pas seulement une décision pratique. C’est un devoir moral, un acte de gratitude, un engagement intime envers celui qui lui avait transmis tant de valeurs et de lumière. Chaque coup de pelle, de râteau, de machette ou de balaie donné par des membres de la communauté est une manière de murmurer « Ton œuvre continue ». Par cet engagement, il transforme un espace autrefois habité par la parole du pasteur en un lieu qui continue d’inspirer et d’élever.
« C’est un acte de reconnaissance envers un père dont la foi continue de nous inspirer. Ses œuvres ne sont pas mortes et ne périront point », déclare-t-il.

La communauté en mouvement : la force du souvenir partagé
La mobilisation de la communauté donne à cette initiative une dimension encore plus forte. Hommes, femmes, jeunes, anciens, tous se sont sentis appelés par la mémoire de celui qui les avait accompagnés, consolés ou guidés. L’entretien du presbytère a ainsi pris la forme d’une action collective, où les gestes concrets se mêlent aux souvenirs, aux anecdotes, aux prières murmurées. Cette union spontanée rappelle que l’héritage d’un pasteur n’appartient pas seulement à ses proches, mais à toute une communauté nourrie par son ministère.

Préserver un lieu chargé de sens
Entretenir un presbytère c’est protéger bien plus qu’un espace, c’est préserver un lieu de rencontre, un point d’encrage où tant de destins se sont croisés. C’est aussi sauvegarder un patrimoine spirituel, un témoin des moments d’accompagnement, des enseignements partagés et des instants de solidarité qui ont façonné la vie communautaire. En restaurant ce lieu, la communauté affirme que le pasteur Ngomo n’a pas seulement laissé une trace dans l’environnement, mais dans les cœurs.
Un acte de mémoire active
A travers l’engagement du Révérend Ela et la mobilisation de la communauté, l’entretien du presbytère se transforme en un acte de mémoire vivante. Il rappelle que les grandes figures spirituelles continuent de vivre dans les gestes, dans les actions, dans les solidarités qu’elles inspirent longtemps après leur départ.
En restaurant ce lieu, la communauté ne fait pas que se souvenir, elle perpétue, elle honore, elle transmet.
Marie Judith Ndongo








