Garoua-Boulai-Est Cameroun. Dans la commune de Garoua-Boulai, département du Lom-et-Djerem, un chef traditionnel s’illustre par un humanisme devenu référence mondiale. Martin Azia Sodea, Chef traditionnel de Gado-Badzéré, est lauréat du Prix Nansen 2025, une prestigieuse distinction pour son engagement exceptionnel en faveur des réfugiés
Face aux vagues successives de populations fuyant les violences en République centrafricaine, ce leader coutumier n’a jamais ménagé d’efforts. Bien au contraire. Sous son impulsion, des milliers de personnes ont trouvé refuge, dignité et espoir sur les terres de Gado-Badzere.
La solidarité comme réponse à la crise humanitaire
Loin des discours, Martin Azia Sodea a choisi l’action concrète. Il a mobilisé ses populations autour d’un idéal de solidarité, les encourageant à mettre à disposition des terrains pour l’installation d’abris temporaires, mais aussi pour la culture des terres, afin de favoriser l’autonomie alimentaire des réfugiés.
Cette approche inclusive a permis de transformer une crise humanitaire en une expérience de cohabitation pacifique, où communautés hôtes et réfugiés vivent dans un esprit de partage et de respect mutuel.
Un leadership traditionnel au service de l’humanité
Par son leadership éclairé, le chef de Gado-Badzere a su rappeler le rôle fondamental des autorités traditionnelles dans la gestion des défis contemporains. Son engagement démontre que les valeurs ancestrales africaines, à savoir hospitalité, entraide et respect de la vie demeurent des leviers puissants face aux drames modernes.
Le Prix Nansen 2025 vient ainsi consacrer non seulement un homme, mais aussi toute une communauté qui fait le choix de l’accueil plutôt que le rejet.
« Nous sommes tous des êtres humains, et nous devons prendre soin les uns des autres. Nous ne pouvons pas les laisser mourir. Il n’y a pas de distinction entre réfugiés et population hôte », souligne-t-il.
A travers cette reconnaissance internationale, le Cameroun se voit honoré pour une tradition d’hospitalité profondément enracinée. L’exemple de Martin Azia Sodea résonne bien au-delà de Garoua-Boulai, rappelant que la solidarité locale peut produire un impact global.
Une leçon d’humanité, à l’heure où le monde cherche encore des réponses durables aux crises de déplacement forcé.
Marie Judith Ndongo











