« Notre voix doit être entendue à Lyon, pour que l’Afrique ait la place qu’elle mérite. Nos projets doivent être transformés en programmes. Le temps est à l’action ». Cette interpellation, espèce de cri de ralliement, a été lancée ce vendredi 3 avril 2026 par la Professeure Awa Marie COL.SECK, ancienne ministre de la Santé Publique du Sénégal. L’universitaire de renom campait ainsi le décor du webinaire One Health (une seule santé) en Afrique organisé par le Forum Gallien (dont elle est la présidente) et le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et l’Environnement (REMAPSEN).
Ce webinaire avait pour thème « De la déclaration à l’action : vers des systèmes intégrés santé-environnement-nutrition, pour répondre aux crises globales ». Il était un prélude au One Health Summit prévu. Le 7 avril 2026 à Lyon en France. La modération était assurée par Dr Magda Robalo, ancienne ministre de la Santé Publique de Guinée Bissau et membre du Conseil.de l’Africa Public Health Foundation. Heureuse de la contribution de la presse, Mme COLL.SECK a déclaré : « le REMAPSEN nous fait l’honneur d’être toujours avec nous et de disséminer les informations sur nos activités ».
Dans son exposé consacré aux principales orientations de ce Sommet, Mme Caroline COMITI, membre du Conseil Régional Santé de l’Ambassade de France au Sénégal, a souligné à grands traits que cette rencontre s’inscrit dans la présidence française du G 7. Tout en dévoilant que ce rendez-vous verra la participation de 18 délégations, elle a plaidé pour une meilleure appropriation du concept One Health par les populations à la base.
Dans la même veine, Benoît MIRIBEL, Secrétaire général de la Fondation One Sustainable Health for All, a appelé la société civile, dont la position sera communiquée lors de ce raout mondial, à se mobiliser. Parlant de l’Afrique, il a salué le fait que sa voix soit portée par des grandes personnalités comme la Professeure COLL SECK.et plusieurs équipes. Il a affirmé sans fioritures que le One Health est « une réalité beaucoup plus en Afrique que dans le reste du monde. Il faut aller de la science vers nos sociétés pour découvrir nos bonnes pratiques », a plaidé M. MIRIBEL.
Le webinaire comportait aussi des discussions thématiques. L’une des déclinaisons du thème Gouvernance et politiques publiques a permis de faire une articulation entre quatre notions : santé, environnement, nutrition et climat. Ici, intervenants étaient Dr Adjaratou DIAKHOU NDIAYE, Secrétaire permanent du Haut Conseil Natiobal.de Sécurité Sanitaire Mondiale »One Health » du Sénégal et le Professeur Ibrahima SECK, Secrétaire général du Forum Galien Africa. L’on retient de leurs interventions que ce Haut Conseil, logé dans les services du Premier ministre du Sénégal est une expérience pionnière en Afrique de l’Ouest. En outre, One Healh Sénégal est caractérisé par »une volonté parfaite et une structuration institutionnelle avancée ». Quant au thème de discussion relatif à l’innovation et la souveraineté sanitaire en Afrique, il a été présenté par les Professeurs Francine TUMI ( présidente de la Fondation Congolaise pour la recherche médicale) et Isaaka Diallo (Professeur de médecine à l’Université Cheik Anta Diop de Dakar).Les deux chercheurs ont révélé que le concept .de souveraineté sanitaire est en vogue depuis la pandémie du COVID 19, qui a dévoilé la dépendance de l’Afrique face aux importations, dont celles des médicaments et autres produits pharmaceutiques. Une situation d’autant plus préoccupante que moins de 20 pour cent de ces produits consommés en Afrique sont produits localement. Pire, en Afrique moins de 1 pour cent du Produit Intérieur Brut (PIB) est consacré à la recherche. D’où l’impérieuse nécessité pour les universités.et les institutions de formation universitaire de former des »innovateurs sanitaires et non plus seulement des cliniciens ». Une démarche qui en plus d’allier éthique et équité, doit mette l’accent sur l’investissement dans la recherche et la jeunesse, car »la souveraineté sanitaire.ne se décrète, mais se construit ». Pour y parvenir, il faut »concevoir localement, produire localement, réguler localement et former des cadres en vue de l’élaboration d’un répertoire de compétences humaines.
La dernière thématique était axée sur.la participation de la communauté des jeunes et des femmes. »Il faut intégrer l’inclusion sociale, avec la participation des acteurs locaux dans la politique One Health » », a fortement recommandé Professeur Salpmê BUKASHI, directeur de l’Institut Anthropologique Genre du Kenya. Cette dernière a mis l’accent sur la nutrition.et le lien avec l’environnement. Le webinaire a été clôturé par une séance d’échanges.et de questions-réponses.
Hugues Clotaire SOME











