A Kribi, le Salon des Acteurs Economiques et du Développement Local (SAEDEL) confirme sa montée en puissance. Pour les Communes et Villes Unies du Cameroun (CVUC), l’heure n’est plus seulement à l’administration des territoires, mais à leur transformation en véritables pôles de production et d’attractivité
La ville balnéaire de Kribi sert de cadre à la 4e édition du SAEDEL, un rendez-vous désormais incontournable pour les acteurs du développement local. Collectivités territoriales décentralisées (CTD), investisseurs, experts en urbanisme et partenaires techniques s’y retrouvent autour d’un objectif commun : repenser la fabrique urbaine et dynamiser les économies locales.
Au cœur des échanges, deux axes structurants : la maîtrise du foncier et l’urbanisme durable. Dans un contexte marqué par une urbanisation rapide, souvent désordonnée, les collectivités sont invitées à renforcer leurs capacités de planification et de régulation.

Les CVUC prônent la « commune de production »
Prenant la parole lors de l’ouverture le 20 Avril, Augustin Bala, président national des CVUC a insisté sur la nécessité pour les communes de franchir un cap stratégique. S’appuyant sur le Code général des CTD de 2019, il a rappelé que la décentralisation confère désormais aux collectivités un rôle moteur dans le développement économique.
« La commune ne doit plus seulement gérer, elle doit produire et créer de la richesse », a-t-il martelé.
Ce positionnement s’inscrit dans la vision de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), qui promeut le concept de « commune de production » comme levier de croissance inclusive et durable.
Urbanisation maîtrisée et habitat décent : un impératif
Le thème de l’aménagement urbain durable a dominé les débats. Face à la prolifération de quartiers spontanées et au déficit en infrastructures de base, les participants ont appelé à des solutions concrètes : planification rigoureuse, sécurisation foncière, promotion de logements décents et intégration des enjeux environnementaux.
L’enjeu est double : améliorer la qualité de vie des populations tout en rendant les territoires plus attractifs pour les investisseurs.

Une plateforme stratégique pour les partenaires
Au-delà des discours, le SAEDEL se positionne comme une véritable plateforme de mise en réseau. Il favorise les échanges entre acteurs publics et privés, condition essentielle pour mobiliser des financements et concrétiser des projets structurants.
Dans un contexte de ressources publiques limitées, les partenariats public-privé apparaissent comme une voie privilégiée pour soutenir l’essor des territoires.
En s’affirmant comme un espace d’impulsion et de convergence, le SAEDEL consolide son rôle dans l’écosystème du développement local au Cameroun. L’édition 2026 envoie un signal clair : les communes sont appelées à devenir des catalyseurs de croissance, capables d’anticiper, d’innover et d’investir dans leur propre avenir.
Marie Judith Ndongo










