William Tagne, jeune ingénieur agronome, bouscule les codes de l’agroalimentaire local. Cet entrepreneur s’est lancé dans une aventure peu commune, la production de yaourt à base de manioc. Un pari audacieux, mais déjà prometteur
Le manioc occupe une place centrale dans l’agroalimentaire mondial, car c’est un aliment de base essentiel pour plus de 500 millions de personnes, et un pilier de la sécurité alimentaire, surtout en Afrique. Il offre un fort potentiel pour l’industrie agroalimentaire grâce à ses multiples dérivés transformés, comme les farines panifiables. Un secteur dans lequel s’investit William Tagne.
« Le manioc est riche en amidon, en énergie et en phosphore. Il facilite également la digestion. C’est une alternative à la production du blé. C’est certes un gros challenge, mais nous-y sommes pour le relever. Ça permet aussi de valoriser les sous-produits du manioc », confie-t-il avec passion.
Dans ses unités situées dans plusieurs villages, William Tagne transforme ce tubercule bien connu des foyers africains en un yaourt doux, nutritif, sans lactose et 100% local. Une solution innovante qui répond à plusieurs défis à la fois. Valorisation des produits locaux, création d’emplois, et alternatives pour les personnes intolérantes au lactose.
« Tout produit découle d’un problème. Avec ce yaourt, la santé est au rendez-vous, parce qu’il y’a beaucoup de personnes qui sont intolérantes au lactose. Il faut donc trouver un produit alternatif à cela, et j’ai pensé au yaourt de manioc. Après plusieurs expériences, plusieurs échecs, je suis arrivé à la bonne formule », dit-il, avec soulagement.
Un succès qui prend forme
Grâce à une recette soigneusement développée, son yaourt séduit aussi bien les enfants que les adultes. Le produit est désormais distribué dans des points de vente de proximité, et lors des foires agroalimentaires comme le Festival All Kassava.
« Mon objectif est de faire connaitre le manioc sous ses différentes formes, et de valoriser ce tubercule », explique le jeune entrepreneur.

L’entrepreneuriat comme levier de changement
Malgré les défis liés notamment à la faible production et la variation des prix du manioc, William garde le cap. Il forme déjà d’autres jeunes aux techniques de transformation.
« Nous donnons des formations en ligne sur la transformation du manioc en biscuits, galettes, et bien-sûr en yaourt », précise-t-il.
Avec le soutien de quelques partenaires locaux et des retours positifs des consommateurs, le yaourt au manioc est bien parti pour devenir un produit phare du terroir, alliant innovation, tradition et santé.
Clin d’œil à William Tagne, ce jeune entrepreneur qui transforme le manioc en or blanc, et en inspiration pour toute une génération.
Marie Judith Ndongo











