Sanaga-Maritime dans la région du Littoral, un groupe de femmes courageuses et déterminées écrit une belle histoire de solidarité, de résilience et d’innovation rurale. Réunies au sein de la Coopérative des Productrices de Manioc de la Sanaga-Maritime (PROMASAMACAM), elles ont décidé de transformer leur réalité, à partir de ce qu’elles connaissent le mieux : le manioc
Elles sont passionnées, organisées et désormais outillées. Les femmes du département de la Sanaga-Maritime ont uni leurs forces pour créer une coopérative dédiée à la production du manioc et à sa transformation en tapioca. Une initiative née à l’issue d’une formation technique initiée par le gouvernement.
« Avec tout ce que nous subissons comme changements climatiques et import-substitution, on a fait le constat d’une faim manifeste. Tout a commencé par l’arrondissement de Pouma, avec l’apport du Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Economie Sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA). Nous avons suivi une série de formations et nous avons pris l’initiative de mettre un accent sur le tapioca, qui a porté ses fruits. Cependant, la demande a été plus forte que l’offre, à cause de la faible production en manioc. Nous avons donc lancé l’opération 50 femmes-50 hectares, c’est-à-dire 1 hectare de terrain pour une femme, en élargissant les activités au département de la Sanaga-Maritime, pour réaliser une production plus importante », confie la Présidente du Conseil d’Administration, Ngo Nlend, Epse Tonye.
Ce programme de renforcement de capacités, axé sur l’entrepreneuriat féminin et la valorisation des produits locaux a semé les graines d’une transformation durable. Aujourd’hui, ces femmes fières et engagées transforment chaque tubercule récolté en Tapioca de qualité, vendu sur les marchés locaux, améliorant ainsi leurs revenus et leur autonomie.
« Notre principale activité c’est la production, mais la perspective c’est le gari (tapioca), parce que la chaine de valeur n’est pas assez contrôlée, le produit n’a pas vraiment besoin de norme pour être consommé. Ça nous aide d’abord sur le plan économique pour nos foyers, et c’est accessible à tous. C’est pourquoi c’est notre priorité », signale la PCA PROMASAMACAM.

Au-delà du tapioca, c’est toute une dynamique communautaire qui est née. Leadership féminin renforcé, entraide, création d’emplois, valorisation du savoir-faire local, malgré les difficultés en terme de méthode encore artisanale. Pour y remédier, la PCA souhaite un système mécanisé.
« Chaque activité a ses avantages et ses inconvénients. Pour obtenir du gari, il faut d’abord râper et presser. Cela demande beaucoup de force. Pourtant avec la mécanisation, nous sommes certaines d’atteindre l’objectif de répondre effectivement à la demande croissante, nourrir le Cameroun, l’Afrique et le monde. Nous avons également besoin de formations continues », relève-t-elle.
La PROMASAMACAM est une preuve vivante que la formation, lorsqu’elle est bien ciblée, change des vies. Et quand les femmes prennent les devants, c’est tout le village qui avance.
Marie Judith Ndongo











