A l’initiative de Fernandez Eriken à Eriken, habitant de Manguiers dans le premier arrondissement de la ville de Yaoundé, les jeunes natifs des blocs 20 et 22 ont décidé de se rassembler au-delà des frontières géographiques. Résidents du quartier, de la ville, du pays ou de la diaspora, tous ont choisi de ne faire qu’un, dans une dynamique fondée sur la solidarité, l’entraide et le développement communautaire. Le lancement officiel de cette initiative s’est tenu le 27 Décembre 2025, dans une ambiance conviviale, marquée par un match de gala, suivi d’une séance d’information et de sensibilisation sur le vivre-ensemble
Le match de gala ayant réuni les jeunes des blocs 20 et 22 de Manguiers a constitué le point de départ symbolique de cette nouvelle dynamique. Plus qu’une simple rencontre, l’événement a permis de nouer les liens entre les jeunes du quartier et ceux vivant désormais ailleurs, tout en renforçant le sentiment d’appartenance à une même communauté.


Dans une atmosphère fraternelle, le sport s’est imposé comme un puissant levier de rassemblement et de cohésion sociale.
« En pensant au football nous savions que nous toucherions beaucoup de personnes, car ce sport a cette capacité à réunir du monde. Sans prétention, en faisant un coup d’essai, nous avons fait un coup de maître en mobilisant nos frères et sœurs aujourd’hui. Nous comptons près de 300 personnes au stade, et chacun manifeste un certain enthousiasme. Nous-en sommes très fiers », s’en réjouit Fernandez Eriken à Eriken.

Une jeunesse rassemblée au-delà des frontières
L’originalité de cette initiative réside dans sa capacité à fédérer les jeunes, qu’ils résident encore à Manguiers, ou qu’ils soient installés hors du quartier, de la ville, voire du pays. Cette mobilisation élargie traduit une volonté commune de rester connectés à leurs racines et de contribuer activement au développement de leur communauté d’origine.
Elle témoigne également du rôle croissant de la diaspora dans les dynamiques locales de développement.
« Ce que nous prônons c’est le vivre-ensemble, le communautarisme. Lorsqu’une initiative pareille est mise sur pied, nous ne pouvons qu’adhérer, parce que nous sommes tous nés à Manguiers et malgré que nous ne sommes plus là, nous sommes parties intégrantes de cette localité. C’est où nos cordons ombilicaux ont été enterrés. Pensée à unir nos deux blocs est quelque chose de fort. Lorsqu’on est seul on va vite, mais groupé, on va plus loin. C’est ce qui m’a en fait motivé ». Ulrich Ndedi, président fondateur du Mouvement Tous Unis pour une Vie Meilleure justifie ainsi son adhésion à l’idéal.

Sensibilisation et partage autour du vivre-ensemble
A l’issue du match, une séance d’information et de sensibilisation a permis d’échanger sur le bien-fondé de la solidarité, de l’entraide et du vivre-ensemble. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de l’unité pour relever les défis sociaux, économiques et environnementaux du quartier.
Ces échanges ont favorisé une prise de conscience collective sur l’importance de l’engagement citoyen et de l’action communautaire.
« Après des événements heureux et malheureux que nous avons connus, nous avons trouvé juste de se mettre ensemble pour être plus forts. C’est d’où m’est venue l’idée d’unir les jeunes des deux blocs, tous les enfants de ce village, qu’ils y soient encore ou pas. Cet engouement va favoriser un soutien considérable en cas de joie ou de malheur », souligne Fernandez.
Une dynamique tournée vers le développement communautaire
A travers cette initiative, les jeunes des blocs 20 et 22 de Manguiers entendent jeter les bases d’un cadre structuré de réflexion et d’action. Parmi les perspectives évoquées figurent les projets sociaux, des actions d’assainissement, des initiatives économiques et des activités culturelles et humanitaires, destinées à améliorer le cadre de vie au quartier.
« Nous n’aurons pas toujours à jouer. Nous envisageons des visites dans des orphelinats, des séances d’investissement humain au sein du quartier. Nous aimerions capitaliser les énergies pour rendre notre village propre. Nous avons contribué à l’éclairage de certaines zones et c’est dans cette logique de développement participatif que nous nous positionnons. Avec le temps, pourquoi pas aider à la scolarisation des enfants issus des couches défavorisées, qui souhaitent aller à l’école ? », signale Fernandez.
En faisant le choix de l’unité et de la solidarité, cette jeunesse engagée donne l’exemple d’un modèle de développement communautaire fondé sur la participation et la responsabilité collective.
Marie Judith Ndongo











